« Le Conseil national s’est enfin mis en marche »


Sabrina Bonarrigo

Le président de l’Union pour la Principauté, Patrick Rinaldi, a réuni ses troupes au Novotel le 7 novembre pour une assemblée générale annuelle. L’occasion de dresser le bilan du Conseil national depuis l’éviction de Laurent Nouvion.

Depuis l’arrivée de Christophe Steiner à la présidence du Conseil national, « la machine s’est enfin mise en marche ». C’est en substance le message livré par le président de l’Union pour la principauté (UP), Patrick Rinaldi, qui a réuni le 7 novembre les adhérents de son parti au Novotel. Si les élus UP Christophe Robino, Jean-Michel Cucchi et Thierry Crovetto se défendent de vouloir « tirer sur l’ambulance », les trois conseillers n’ont toutefois pas raté l’occasion de rappeler que, pendant trois ans, sous la présidence de Laurent Nouvion, le Conseil national a, selon eux, brassé du vent, et accumulé un gros « retard législatif ».

« Constructifs »

« Nous avons vécu un printemps un peu spécial. C’était la première fois qu’un président en exercice n’était pas renouvelé par une majorité, a rappelé l’élu Thierry Crovetto. Beaucoup de Monégasques se sont demandé pourquoi. Beaucoup qui ne suivent pas l’actualité politique ont parfois même été choqués… Mais en 6 mois, nous avons eu plus d’échanges constructifs avec les trois élus d’Union Monégasque (UM) et Eric Elena de Renaissance, que pendant plus de 3 ans. En 6 mois, nous sommes passés de la paranoïa permanente, de la théorie du complot perpétuel, du clivage, du clanisme et du rejet, à une haute assemblée qui avance discrètement, travaille efficacement et à un rythme soutenu, sans bâcler l’étude des textes. »

Votes

Pour prouver que le Conseil national fait désormais le “job”, l’élu a énuméré les dix projets de loi votés ces six derniers mois : le prêt étudiant, le commerce électronique de médicaments, l’extension en mer, le télétravail, la sécurité nationale, la ratification de la COP 21, le bail à usage de bureau, la lutte contre la criminalité technologique, et enfin l’art dentaire. Sans oublier les deux propositions de loi, elles aussi, récemment votées : l’abaissement du taux du contrat habitation-capitalisation (CHC) et le contrat de vie commune (CVC). « Et ce n’est pas fini ! Nous devrions encore voter d’ici la fin de l’année cinq projets de loi et deux propositions de loi », ajoute Thierry Crovetto. De son côté, Jean-Michel Cucchi a insisté sur « l’importance »d’avoir à la tête du Conseil national une personne solide : « Avoir un président du Conseil national faible, cela donne, par exemple, une extension en mer sans rien pour les Monégasques. Cela donne aussi, au sein de la Société des bains de mer (SBM), la poursuite d’une équipe en place qui va d’échecs en échecs depuis des décennies, sans devoir rendre des comptes… Voilà l’importance du Conseil national. »

PĂ©nurie

Comme à chaque réunion de l’UP, Jean-Michel Cucchi a aussi dressé un bilan du logement domanial à Monaco. Sur le projet Très grand Ida, l’élu s’est félicité d’avoir convaincu le gouvernement que le projet initial « était une bêtise », et que le projet “moyen” « manquait d’ambition ». La « moins bonne nouvelle » en revanche pour l’UP, est que l’objectif « un logement pour tous les Monégasques » n’est pas atteint. « On n’y arrivera pas. On a perdu beaucoup de temps pour convaincre le gouvernement que l’on était en situation de pénurie. On nous a dit que ce terme était un bien grand mot. Or, lors de la dernière commission d’attribution, il y avait 400 demandes légitimes et 100 appartements. Si ce n’est pas de la pénurie… », regrette ce conseiller, pour qui le logement doit se penser sur au moins « trois législatures ». Et en prenant en compte un problème de taille : « Aujourd’hui, il n’y a plus de terrains nus. Il faut donc restructurer les quartiers. Cela demande plus d’efforts. »Cucchi a enfin énuméré les projets qui sortiront de terre dans les prochaines années : Testimonio II, en 2020-2021, l’Annonciade II aux alentours de 2025-2026 et enfin le très grand Ida en 2028-2029.

 

Le retour de Brigitte Boccone

Elle a été l’une des membres fondatrices de l’UP et conseiller national de 2003 à 2013. Après quelques années d’absence, Brigitte Boccone a décidé de revenir sur la scène politique. Ce qui a poussé cette ancienne élue à faire son retour ? La volonté de défendre l’identité des Monégasques qui est, selon elle, « en danger. Sous prétexte de l’Union européenne (UE), nous allons certainement perdre beaucoup de nos avantages et de nos spécificités. Si on ne s’en préoccupe pas aujourd’hui, les Monégasques deviendront comme les Niçois et les Cannois, une ville parmi d’autres en Europe ».